Chronique

Grrr… #6

Sans voiture, semaine 6 (31 oct/6 nov 2016)

« Grrr, les chauffards… Je ne sais pas pourquoi mais cette semaine c’est le bouquet, c’est le pompon… Je rêve en douce d’installer sur mon guidon un klaxon sonore comme un camion ! Comme un train aux passages à niveau, me souffle même ma famille !

J’apprendrai à me détendre les semaines suivantes mais, à ce moment-là, je parviens difficilement à contenir ma colère. Elle émane de la peur, tout simplement… A plusieurs reprises, je suis malmenée. Les ronds-points sont fantastiques à cet égard !

Pour certains automobilistes, le poids du véhicule, la vitesse du véhicule valent champ libre. Allons-y alors, c’est florilège de queues de poisson, dépassements au dernier moment… J’en ai même vu un non pas seulement accélérer pour me doubler mais bel et bien faire un écart simplement pour sortir du rond-point… Peu importe que je sois déjà engagée moi-même pour continuer sur ce rond-point, ma sortie étant la suivante. Accélération, prise de risque… Pour qui, pour quoi ? Parce qu’en voiture, parce que plus lourd, parce que plus pressé, parce que plus fort…? C’est sûr, à vélo, je ne fais pas le poids… Ce qui m’attriste après m’avoir fait peur puis mise en colère, c’est  que je suis persuadée que ce chauffard était sûr de son bon droit. Peut-être même fier de ce petit défi à lui-même sans qu’à aucun moment, ne lui est venue l’idée que je pouvais être réellement déportée, que mon corps est mon véhicule, bien plus encore que mon vélo. Cet automobiliste par son excès de zèle m’a mise en danger et ma famille avec.

Une fois remise de mes émotions, je vois d’autres réalités possibles, la plupart de ces chauffards ne m’ont peut-être vue qu’au dernier moment. Peut-être étaient-ils dans leurs pensées, peut-être pensaient-ils qu’ils avaient le temps, peut-être se sont-ils dit que c’était un peu juste cette fois et que la prochaine fois ils prendraient le temps de laisser passer cette cycliste souriante.

Aujourd’hui c’est mon anniversaire, et comme cadeau, le ciel m’offre ma première pluie ! Je m’apprête à recevoir des amies pour célébrer le fait qu’une bougie de plus sera à souffler, ce soir, demain encore et après-demain sûrement… Les festivités qui durent un peu, c’est réjouissant ! Alors ces premières gouttes, je les accueille avec un sourire béat… Je monte sur mon vélo le visage serein et joyeux, je roule même plus loin que d’habitude. A week-end spécial, courses spéciales ! Mon bonheur s’intensifie en voyant les automobilistes tristes et maussades au volant de leur voiture… Sûrement parce qu’il pleut ?! Combien de fois s’enferme-t-on dans des attitudes alourdissantes quand en fait tout va bien… « Quelque soit votre vie là maintenant, prenez déjà ce plaisir de circuler au sec lorsqu’il pleut… », avais-je envie de leur souffler au travers de la vitre. »

Tissez un autre regard sur le lâcher-prise…
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